Du Velours

"Ni pour ni contre, bien au contraire" – Bertrand Delanoë

Compte-rendu de mandat de Bertrand Delanoë: dernier tour de piste au Cirque Electrique

by Olivier Prêtre on 21 décembre 2012

Lors de son dernier compte-rendu de mandat sur la gouvernance métropolitaine, Bertrand Delanoë a rendu un hommage vibrant à la ville-lumière.

Séquence émotion hier soir 20 décembre au Cirque Electrique, Porte des Lilas dans le vingtième arrondissement de Paris: Bertrand Delanoë a délivré dans un chapiteau rempli son 200ème et  dernier compte-rendu de mandat. Le der des ders puique le maître de l’Hôtel de Ville a confirmé qu’il ne se représentera pas en 2014 et que la loi interdit de faire des compte-rendu de mandat l’année précédant les élections. « Je n’ai pas l’intention d’exercer d’autre fonction politique en 2014 » a-t-il déclaré.

Il s’agissait en réalité du 220ème compte-rendu de mandat comme l’a rappelé Bertrand Delanoë. Celui-ci n’en a fait que 200 car Anne Hidalgo, ce soir à ses côtés, l’avait remplacé au pied levé en 2002 alors qu’il était « malade ». Euphémisme pour éviter de rappeler aux parisiens ce mauvais moment où il s’est fait poignarder à l’Hôtel de Ville pendant la première Nuit Blanche.

L’objet de ce compte-rendu: la gouvernance de la métropole parisienne. Le Maire de Paris l’appelle de ses voeux: « il faut métropoliser la politique municipale ».  Il importe de mettre en place une solidarité entre tous les territoires de la métropole parisienne selon Monsieur Delanoë. « Je ne veux pas qu’après avoir aboli la frontière entre Paris et la petite couronne, on en créée une entre la petite couronne et la grande couronne » affirme-t-il. Et d’ajouter « je veux que les départements de la grande couronne soient inclus dans la politique métropolitaine ».

En fin de séance, Bertrand Delanoë, nostalgique avant l’heure, s’est confié: « l’enfant de Byzerte, passé par l’Aveyron, rêvait de Paris ». Et après avoir confirmer qu’il n’avait pas de projet pour paris après 2014, il s’est fendu d’une déclaration d’amour: « Paris se passera de moi, je ne me passerai jamais de Paris« .

Compte-rendu de mandat de Frédérique Calandra sur les aménagements du 20ème

by Olivier Prêtre on 14 décembre 2012

Ce jeudi 13 décembre à l’école élémentaire au 40 rue des Pyrénées, pour la deuxième partie de son compte-rendu de mandat, Frédérique Calandra, la Maire du vingtième arrondissement de Paris a passé en revue les nombreuses actions concernant les aménagements du vingtième.

Porte des Lilas, Lagny-Porte de Montreuil, Saint Blaise , Porte de Vincennes, les réaménagements d’envergure se sont poursuivis au cours de cette année 2012. Mission accomplie  et couronnée de succès en particulier Porte des Lilas avec les ouvertures du multiplexe cinéma Etoile Lilas et la cuisine centrale qui desservira toutes les écoles du vingtième.

Le GPRU souhaiterait déplacer les puces de la Porte de Montreuil. « Pas d’accord ! » se rebiffe Madame Calandra qui estime que « les Puces font partie de l’histoire du quartier ». Il n’empêche que la Porte de Montreuil est à réorganiser, pense Madame la Maire.

Porte de Vincennes, pour laquelle la longue phase de concertation pour son réaménagement est sur le point d’aboutir, le revêtement anti-bruit déployé sur le périphérique entre Lagny et la Porte de Vincennes est jugé très satisfaisant.

Il est prévu d’aménager des équipements sportifs (tennis couverts) et espaces associatifs à la place des logements qui donnent directement sur le périphérique Porte de Bagnolet. « La ville de Paris est sous-équipée en équipements sportifs » fait remarquer Madame Calandra. Une piscine un quart (un quart car la piscine Nakache est à cheval sur quatre arrondissements) pour 200 000 habitants est vraiment insuffisant. Madame la Maire compte sur l’ouverture de la Petite Ceinture pour améliorer l’offre d’équipements sportifs dans l’arrondissement.

En attendant, la Porte de Bagnolet s’est illustrée cette année grâce à ses nouveaux lampadaires, les « Twisted Lampost Star« , qui ont fait un tabac dans la presse.

La place Gambetta, chère à Madame la Maire, puisque c’est aussi la place de la Mairie, fera, espère la maîtresse de l’hôtel de ville si elle est réélue, l’objet d’un grand plan de réaménagement avec la RATP. La circulation y est chaotique et le bruit insupportable, juge-t-elle.

Au titre des réaménagements terminés, la place Martin Nadaud va être bientôt recouverte d’une fresque au sol « assez audacieuse ». « Vous allez voir » assure Madame la Maire.

Dans la catégorie « en cours de réaménagement », la première pierre a été posée pour le nouveau centre bus de la Plaine Lagny, un projet ambitieux qui mettra en avant la mixité. Une crèche de 66 berceaux sera construite dans ce quartier.

Concernant la politique du logement, « nous avons déjà 30% de logements sociaux » se targue Madame la Maire du vingtième. Les 25% de logements sociaux, 22ème promesse du Président François Hollande, sont d’ores et déjà atteints. « Tout en veillant à conserver la mixité sociale » précise Madame Calandra qui cite Manuel Valls: « nous ne devons pas laisser se développer des ghettos ». 75% des logements sociaux prévus dans la mandature ont déjà été livrés, ce qui portera à 5000 le nombre de logements sociaux rien que pour le vingtième.

Madame la Maire cite en exemple le 81 rue de la Plaine, un foyer de jeunes travailleurs où la première pierre a été posée cette année, sur un terrain appartenant au diocèse.

Madame Calandra revient aussi sur l’histoire du 260 rue des Pyrénées. Le collectif nommé « les mal-logés enragés » avait investi ce bâtiment propriété de La Poste inoccupé depuis 2010. Madame la Maire en avait ordonné l’évacuation le 29 octobre, jugeant illégitime l’occupation par ces « squatteurs qui instrumentalisent des familles », « un mouvement politicard dans le pire sens du terme » les qualifie-t-elle. Cette adresse désormais propriété du bailleur social « Toit et joie » sera prochainement aménagée en foyer de jeunes travailleurs.

Le vingtième, ce sont aussi des actions en direction des jeunes via l’ouverture courant 2012 de l’espace jeune Piat Rigoles et l’espace insertion Buzenval.

Hommage est aussi rendu à la maison d’accueil spécialisée pour enfants handicapés Alain-Raoul Mossé rue Piat inaugurée le 22 novembre, ainsi que, dans un autre registre, au bâtiment des urgences, de la Chirurgie et de l’Anesthésie de l’hôpital Tenon.

Enfin, les aménagements écologiques occupent une place importante dans cet « arrondissement qui se verdit » revendique Madame la Maire. 29 hectares d’espaces verts et 30 kilomètres de pistes cyclables dans le vingtième, c’est une belle performance dans une métropole aussi dense que Paris. Cette année, est né le nouvel espace vert « l’enclos aux oiseaux » rue Stendhal, et deux jardins partagés ont vu le jour dans le square Fleury et sur le belvédère Pali Kao.

« Pourvu que ce ne soit pas la politique qui verdisse » ironise Madame Calandra en vue des municipales.

Compte-rendu de mandat de Frédérique Calandra, la maire de « l’arrondissement du titi parisien »

by Olivier Prêtre on 11 décembre 2012

« Ce sera le dernier compte-rendu de mandat municipal » – Frédérique Calandra

Accompagnée de son adjoint Julien Bargeton, Frédérique Calandra a fait le bilan de ses actions sur le thème des animations au Pavillon Carré de Baudouin jeudi 6 décembre. L’insertion et l’économie sociale et solidaire sont à l’honneur.

« Ce sera le dernier compte-rendu de mandat municipal de la mandature » a annoncé Frédérique Calandra la maire du vingtième en ce jeudi 6 décembre au Pavillon Carré de Baudouin. Sous-entendu, la bataille pour les élections municipales de 2014 est déjà en ligne de mire.

Première partie d’un compte-rendu en deux temps, ce soir est consacré aux animations mises en place dans le vingtième en 2012. La petite salle de cinéma du Carré Baudouin est comble et toute ouïe, les membres du Conseil Municipal et de l’opposition aux premières loges.

Madame la Maire rappelle des chiffres-clés à l’attention de celles et ceux qui ne connaîtraient pas leur sociologie du vingtième:  200 000 habitants (198 678 exactement selon le dernier recensement de 2009), ce qui fait du vingtième le troisième arrondissement le plus peuplé de Paris ; en 10 ans, la population a cru de 10,7% ; 22% de la population à moins de 20 ans. Tout ça pour dire, « le principal capital du vingtième, c’est sa population », scande la Maire du vingtième qui ne résiste pas à l’envie de citer le célèbrissime Gavroche de Victor Hugo, « je suis tombé parterre, c’est la faute à Voltaire ».

Histoire de se le tenir pour dit: « le vingtième, c’est l’arrondissement du titi parisien » insiste Madame Calandra. Une petite claque subliminale aux mauvaises langues qui critiquent la boboïsation de l’arrondissement. Le vingtième ne serait pas un quartier populaire ? « Une famille sur quatre vit sous le seuil des bas revenus contre une sur cinq sur l’ensemble de Paris » répond Madame Calandra. Et « c’est l’arrondissement qui livrera le plus de logements sociaux, 5000, dans cette mandature » précise-t-elle.

Les 25 ans de l’amitié Paris-Berlin, la quatrième édition du « théâtre c’est la classe » pour les élèves de CM2, le sport comme école de citoyenneté avec l’organisation du forum des métiers du sport et la rénovation d’équipements sportifs (le stade Louis Lumière et celui de la Porte de Bagnolet)… Madame Calandra passe en revue les actions de l’année sans omettre bien entendu les plus emblématiques. Parmi celles-ci, la recyclerie, située Porte de Montreuil, dont l’inauguration est prévue début 2013, permettra d’embaucher 32 personnes en voie d’insertion professionnelle. Des vendeurs à la sauvette habitués du quartier seront parmi les heureux embauchés.

Autre action en faveur de l’emploi pour les publics défavorisés, « Cuisine mode d’emploi » ,  qui propose des sessions de formations de douze semaines dans les métiers de la cuisine, est une fierté locale. D’autant que son instigateur, Thierry Marx, est un grand chef cuisinier du cru. Au passage, Madame Calandra évoque le projet d’un restaurant d’application qui permettra à des élèves cuisiniers de s’exercer en conditions réelles.

Dans la série économie sociale et solidaire, secteur vivement encouragé par la municipalité, on compte Cyclofficine (réparations de vélos) rue Pierre Bonnard, l’Accorderie de Belleville (échange de services) qui ouvrira ses portes en janvier 2013, la quinzaine du commerce équitable (Fair pride) place Gambetta, le marché solidaire boulevard Belleville (co-organisé avec la Mairie du onzième).

La culture, elle, est « un facteur d’identité propre au vingtième reconnu » se targue Madame la Maire. Celle-ci se satisfait du dynamisme des libraires et bouquinistes qui s’implantent dans le quartier du Jourdain. Le Pavillon Carré Baudouin, qui accueille de nombreuses expositions artistiques (Circum révolution, le photographe Guillaume Herbaud…) est également salué pour son succès avec ses 22 000 visiteurs malgré des moyens très modestes. Mais ce qui demeure le lieu le plus attractif du vingtième c’est le cimetière du Père Lachaise, « deuxième monument le plus visité après la Tour Eiffel » selon Madame la Maire. Vérification faite, le Père Lachaise n’est pas pris en compte par les statistiques de l’Office du Tourisme parisien mais il se situerait autour de la dixième place avec ses 2 millions de visiteurs. Côté évènements culturels en 2012, le vingtième n’est pas en reste non plus: le festival « Et 20 l’été » (festival des arts de la rue), la fête de l’Afrique, les Nocturbaines…

On garde le meilleur pour la fin, à savoir la propreté et la sécurité, qui n’ont pas grand chose à voir avec le thème de la soirée, pour rappel « les animations dans le vingtième ». Mais ces deux sujets constituent les arlésiennes parisiennes, incontournables dans toutes les municipalités d’arrondissement, seizième compris. Inutile d’insister. Place aux questions du public.

« Je veux faire de Paris cette ville accueillante, généreuse, rebelle »

by Olivier Prêtre on 1 décembre 2012

Affichette de campagne

Après s’être lancée officiellement dans la course à la mairie de Paris début septembre, Anne Hidalgo a présenté devant ses soutiens son think tank de campagne « Oser Paris ».

Ca grouille à la Bellevilloise en ce mercredi 21 novembre à partir de 19 heures. Pas de concert en vue pourtant. La star du jour c’est Anne Hidalgo. Les journalistes sont au rendez-vous ainsi que les militants socialistes. Un peu avant 20 heures, la salle est comble (500 personnes d’après les organisateurs). Le premier meeting  de la favorite socialiste dans la course à l’hôtel de ville peut commencer. Ou plus précisément il s’agit officiellement du premier forum « Oser Paris », le think tank matérialisé par la plateforme collaborative de la candidate Hidalgo.

Frédérique Calandra, à domicile à deux pas de sa mairie du vingtième, accueille l’assemblée sur un ton combatif: « Nous ne sommes pas là pour nous gargariser, mais nous sommes les premiers à nous remettre en question ». Pas de triomphalisme affiché même si un boulevard est ouvert pour cette élection face à une droite parisienne encore désorganisée et réputée mal en point. Au-delà du fait que l’UMP a entamé sa désintégration trois jours auparavant. Quant à la candidature socialiste concurrente de Jean-Marie Le Guen, elle semble ignorée.

Le maître de cérémonie Jean-Louis Missika, adjoint au maire et premier fidèle d’Anne Hidalgo après Bertrand Delanoë, fait le job d’explication de la stratégie « Oser Paris ».  Cette plateforme coopérative est la colonne vertébrale de la campagne de la candidate où seront recueillies toutes les idées qui définiront le programme pour le grand rendez-vous de Paris 2014.  « Oser Paris » c’est aussi une association qui fédère tous les soutiens de la maire putative. « Nous en sommes déjà à plus de 1000 adhérents et 230 contributions en moins de deux mois déclame Jean-Louis Missika. C’est un processus de travail qui va s’étaler sur plus d’un an » poursuit-il. Petit aparté grand sourire aux lèvres: « Je ne sais pas si vous suivez le feuilleton tragique de l’UMP ». Puis il reprend de la hauteur: « C’est grave, cela renvoie une image terrible de la politique ». Pour finir par une pique: « Je préfère la coopération à la copéisation ». Effet garanti dans la salle.

Enchaînement parfait pour lancer un appel à contribution de chacun. Rémi Féraud, le patron du PS parisien, apporte son soutien: « Il faut un projet, des idées, mais aussi un grand parti politique ». Il concède à son tour: « ce sera difficile ». L’humilité est de mise ce soir.

François Dagnaud, adjoint au maire, y va aussi de son couplet: « Nous devons inventer le Paris de demain à l’échelle du Grand Paris.  Néanmoins ajoute-t-il, « nous avons tout à redouter de la Droite qui n’a qu’un seul objectif: la reconquête du Grand Paris ». Prudence prudence.

Se succèderont à la tribune Pauline Véron, Colombe Brossel (toutes deux adjointes à la mairie de Paris), Jean-Pierre Guérin, ex-collaborateur de Bertrand Delanoë, pendant que des diapos défilent derrière la tribune. On peut y lire des idées de contributeurs parmi lesquelles certaines peuvent paraître surprenantes: « contrôles radar pour les cyclistes » ou « interdiction de fumer près des monuments parisiens ».

Enfin, le moment que tout le monde attend: le moment Anne Hidalgo. Le discours est sobre, assuré – « je suis déterminé à nous faire gagner » – et emprunt de générosité comme sait en faire preuve l’adjointe au maire en bonne professionnelle. Grand Paris, logement social et logement à destination des classes moyennes et des jeunes, lutte contre la pollution, lutte contre le changement climatique (« nous allons planter des salades pour faire baisser la température en période de canicule », sic), espaces verts, propreté, lutte contre le bruit… la candidate de 53 ans décline ses grands thèmes de campagne. Dans l’exact prolongement de la politique Delanoë.

Les marqueurs politiques de gauche ne sont pas non plus en reste devant l’assemblée conquise d’avance. « Paris se situe à la pointe des questions de société: mariage homosexuel, non-cumul des mandats, droit de vote des étrangers » clame la prétendante à la Mairie de Paris qui revendique une vision progressiste, écolo et humaniste de la politique, en digne dauphine du maire Delanoë. La première adjointe au maire conclut dans une sorte d’apothéose d’une phrase qui pourrait être un bon slogan de campagne: « Je veux faire de Paris cette ville accueillante, généreuse, rebelle ». Chiche !

Est-ce que nous aurons changé le monde en 2017 ?

by Olivier Prêtre on 27 octobre 2012

Et si c’était maintenant? Non ce n’est pas une phrase rapportée d’un enfant capricieux qui trépignerait d’impatience devant un rayon de bonbecs plus alléchants les uns que les autres. Mais bel et bien le nom d’une contribution du parti socialiste. Comme une scansion, une interpellation à l’attention des responsables socialistes en poste. Rassemblés dans la grande salle de La bellevilloise, ce haut-lieu du socialisme français, les militants  signataires de cette contrib’ sont venus débattre en ce mardi 23 octobre.

Environ 100 militants de la contribution « Et si c’était maintenant » réunis à la Bellevilloise mardi 23 octobre

A quelques jours du grand rassemblement de Toulouse qui conclura le congrès du PS, il n’est pas question d’être des godillots pour ces socialistes-là. « C’est faire fi de la tyrannie de la real politik » aurait-on envie de leur dire. A l’image d’un Benoît Hamon, figure de la gauche du parti, qui tente de se faufiler entre les motions, au risque d’en décevoir certains et de perdre la face. Mais comme Benoît Hamon, qu’ils se soient retrouvés derrière Emmanuel Maurel ou Harlem Désir, peu leur importe. Ils sont là pour débattre, exprimer des opinions, aborder tous les sujets, faire pression sur l’exécutif et les parlementaires, se montrer vigilants sur les promesses de campagne…  bref continuer le combat. Et deux heures ne seront pas de trop pour faire le tour.

Il s’agit de ne pas se louper. « Est-ce que nous aurons changé le monde en 2017 par rapport à 2012? » interroge sans complexe Dominique Sopo, ex-Président de SOS Racisme. Le ton du débat est donné. Exit les petites ambitions: changer le monde!

Au passage, on ne manque pas d’exprimer combien on est soulagé d’avoir tourner définitivement la page du Sarkozysme. On l’espère du moins. Finies les « insultes quotidiennes » dixit Dominique Sopo. Finie la « criminalisation de la jeunesse » ressentie par Massira Baradji, président sortant de la FIDL, le syndicat étudiant. Et sur le style, « il faut sortir d’une approche morale et sécuritaire » selon Nadège Abomangoli, conseillère régionale d’Île de-France. Bref, Sarkozy l’ennemi juré, en prend pour son grade. Mais pas que!

François Hollande et son gouvernement, ainsi que les députés socialistes, ne sont pas épargnés. Dans une moindre mesure évidemment. Mais pas sans une certaine virulence pour une militante féministe antiraciste qui ne mâche pas ses mots pour exprimer sa déception: « Nous avons affaire à l’ENArchie qui verrouille tout ». Max, le tout frais président de la FIDL, plus nuancé, regrette « que certaines idées mises en avant (par la base militante) sont systématiquement désavouées » par quelques huiles du parti. Il ne citera pas de nom. Ambiance.

Les critiques ne s’arrêtent pas là. Les reculades, ou considérées comme telles, sur la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour les homosexuels, sur le droit de vote des étrangers aux élections locales ne sont pas du goût de la petite assemblée. « François Hollande tiendra-t-il sa promesse sur le droit de vote des étrangers? » interroge Lamine N’Daw, élu du 17ème arrondissement, qui considère ce droit comme une « question de dignité ». Nulle concession n’est accordée au gouvernement sur ce sujet. Même si celui-ci se défend de vouloir prendre son temps afin de préparer le terrain pour s’assurer une majorité nécessaire des trois cinquième au Congrès.

Quant à la question du cumul des mandats, la commission Jospin est attendue au tournant. Un militant jeunesse déplore « un recul dans les termes »: « On parle désormais de limite de cumul et non plus d’interdiction de cumul des mandats ». François Rebsamen, sénateur maire de Dijon, qui s’était défendu de la nécessité d’avoir un ancrage local, n’a qu’à bien se tenir.

Autre mesure sujette à critique:  le récépissé de contrôle d’identité pour lutter contre le délit de faciès. Pas question de laisser du terrain à Emmanuel Valls qui a évacué le problème d’un revers de main. Mais qui a tout de même annoncé le retour des numéros de matricule sur les uniformes des policiers, pourrait-on plaidé à sa décharge.

Enfin, le cannabis. La boulette de Vincent Peillon, qui ne constitue pas tant une faute pour tous ici car le cannabis et éducation ne font pas bon ménage, a réanimé cette question récurrente au sein du parti socialiste partagé entre pros et antis. En tout cas estime-t-on ici, on ne peut pas tout le temps enterré le débat sous prétexte que la droite diabolise le sujet et considère l’interdiction de ce psychotrope comme non-négociable. Le traffic de cannabis vampirise nos banlieues et les Français sont les premiers consommateurs de cette drogue en Europe. Le sujet est trop important pour que l’on puisse se permettre l’économie d’un débat.

Une chose est sûre parmi les « et si c’était maintenant », on a envie de parler, on a envie de débattre, on a envie de combattre. Pour l’égalité et la justice.  A bon entendeur!

 

 

 

Journée de la Presse En Ligne : la PQRL s’interroge

by Olivier Prêtre on 23 octobre 2012

La presse locale en ligne manque-t-elle d’ambition ? C’est la question posée à l’une des conférences de ce vendredi 19 octobre lors de la Journée de la Presse En Ligne (JPEL) organisée par le SPIIL, Syndicat de la Presse Indépendante d’Information Locale dans la salle noire de la Maison des Métallos. Ou l’occasion de rappeler, sinon de faire le constat, des réalités de la PQRL (Presse Quotidienne Régionale en Ligne) sur le terrain. Autour de la table: Sabine Torres, membre du bureau de SPIIL et fondatrice de Dijonscope, Jean-Baptiste Fontana, directeur de Fréquence Sud, Erwann Gaucher, journaliste et consultant médias en ligne, Yves Koekkoek, spécialiste expérience utilisateur. Extraits.

« En 2009, on prédisait l’essor de la PQRL ». Ainsi débute Sabine Torres à la table ronde autour la presse en ligne locale lors de la Journée de la Presse En Ligne. Avant de déclarer qu’ « en 2012, le constat est amer, la PQRL peine à trouver son identité, ses lecteurs. » En tant que fondatrice de Dijonscope, Sabine Torres porte la voix des nombreux sites d’information locale en France. Ces médias locaux qui tentent d’émerger parmi les acteurs déjà en place – la PQR – et de trouver un équilibre tant financier qu’éditorial, à l’instar des rue89 Strasbourg, rue89 Lyon, ou le Téléscope d’Amiens, pour ne citer que les plus connus. A noter que les rue89 locaux sont issus d’initiatives indépendantes du rue89 national.

Erwann Gaucher partage ce constat et en attribue une large responsabilité à la « PQR traditionnelle qui s’est mise en ordre de bataille dans la stratégie d’aller chercher de l’audience ». L’illusion a été de penser, selon lui, que « les Pure Players (les médias en ligne émergents non-issus du paysage média existant – ndlr) pouvaient bouleverser le paysage en 18 mois, ce qui s’est révélée une erreur d’appréciation. Le principal défi que devront relever les rédactions est la monétisation de l’audience » explique-t-il.

"En 2012, le constat est amer, la PQRL peine à trouver son identité, ses lecteurs." - Sabine Torres

« En 2012, le constat est amer, la PQRL peine à trouver son identité, ses lecteurs. » – Sabine Torres

Au chapitre des obstacles pour la PQRL, Erwann cite d’abord le verrouillage du marché de la publicité par la PQR traditionnelle. Il pointe aussi du doigt la concurrence récente de l’audiovisuel public qui met les bouchées doubles sur le numérique. Radiofrance et France Télévision mettent le paquet !

Il prévoit, en guise de conclusion personnelle, que 2014, l’année des élections municipales, constituera un rendez-vous clé pour la PQRL. Ce n’est pas l’avis de Jean-Baptiste Fontana à la tête du magazine culturel en ligne Fréquence Sud. Celui-ci explique que sa grosse échéance, c’est 2013, année où Marseille sera capitale culturelle de l’Europe.

Le constat de Jean-Baptiste est aussi plus précis. Certains annonceurs, relève-t-il, ont quitté la PQR au profit des médias sociaux tels Facebook ou Twitter. Le plus grand danger à ses yeux provient de la concurrence déloyale exercée par des acteurs institutionnels qu’il n’hésite pas à pointer du doigt: la mairie de Marseille qui emploie onze personnes pour s’occuper du site internet municipal, le Conseil Général. « Ils ont des moyens sans commune mesure comparé aux Pure Players, explique-t-il. Or, les institutionnels ne sont pas des journalistes mais des communiquants. »

Le diable se loge dans les détails. Erwann Gaucher rebondit sur l’exemple de maville.com, filiale du groupe Ouest-France. Il dénonce le fait que l’information diffusée par ledit site est un mélange de flux de l’AFP et de flux émanant des municipalités. Et de surcroît, ce site vend de la publicité.

C’est aussi l’occasion pour Erwann de rappeler les trois grands modèles économiques des sites d’information:

  • le financement par la pub
  • le financement par système d’abonnement
  • le financement par un mix de publicité et d’abonnement

Dans le public,  Gilles Paillet, directeur de la publication de Zoom d’ici dans la Loire et Haute Loire, confirme. Sur le modèle de la publicité, il parvient à faire tourner un site pourtant avec un bassin relativement restreint de population, environ 40 000 habitants.

Une employée du Conseil Général du Val de Marne confirme également. Le 94 citoyen, journal en ligne entièrement gérée par le Conseil Général, dispose de moyens considérables (une équipe de rédacteurs et de photographes). Et les annonceurs cognent à la porte.

« Est-ce que les journalistes doivent couvrir les évènements couverts par les institutionnels ? s’interroge Sylvie Torres.  Certainement pas ! » conclue-t-elle.

 

« Vous êtes le Félix Baumgartner parisien », les petites phrases du Conseil de Paris du 15 octobre 2012

by Olivier Prêtre on 16 octobre 2012

Yom Kippour oblige, les séances de septembre du Conseil de Paris n’ont duré que deux jours au lieu des trois prévues. L’ordre du jour des séances d’octobre s’en trouve bien chargé. Cela n’a pas empêché les conseillers de s’écharper en début de séance du lundi 15 octobre sur le débat des orientations budgétaires 2013. Florilège.

Bertrand Delanoë débute la session en présentant les orientations budgétaires pour l’exercice 2013. Il réaffirme les grandes lignes des objectifs : création de 6000 logements sociaux, 1500 nouvelles places de crèches, 16 hectares d’espaces verts.

Sylvain Garel, élu EELV, critique pour partie de la gestion de l’exécutif, approuve néanmoins ces objectifs. Ian Brossat, élu PCF/PG, appose son blanc seing sur ces orientations budgétaires et réclame encore plus d’investissement. Point d’austérité à la Mairie de Paris.

Ian Brossat (PCF/PG) défend Delanoë

L’opposition montre les dents. Pierre Gaboriau (UMPPA) dresse un portrait de la gestion Delanoë, la qualifiant entre autres d’irresponsable. Il en appelle au réalisme budgétaire. Pour réponse, Bertrand Delanoë invoque le fait qu’ « il y a plus de parisien qu’au temps où la droite gérait Paris« .

Contre-attaque de Jérôme Dubus (UMPPA) : « Vous avez inventé Monsieur le Maire l’existentialisme budgétaire, je dépense donc je suis« . Et d’enchaîner avec déférence : « Monsieur le Maire, la bonne gestion c’est comme l’amour, les mots ne suffisent plus, il faut en donner des preuves. » Très en verve, Jérôme Dubus poursuit son offensive en raillant le maire sur la disparition de la dette de l’Etat (un milliard d’Euros!)  depuis le changement de majorité gouvernementale. Le débat est vif.

« vous avez inventé M. le Maire l’existentialisme budgétaire, je dépense donc je suis » Jérôme Dubus

Marinette Bache, conseillère PS, adoucit la musique municipale en approuvant le niveau élevé d’investissements. Aussitôt renvoyée dans ses cordes par Pierre Auriacombe (UMPPA) qui qualifie la gestion mucipale d' »échec parce que coûteuse ».

Laurence Goldgrab (PS) se félicite quant à elle, de l’attractivité touristique de Paris, et salue la politique culturelle du Maire.

« Vous êtes le Félix Baumgartner parisien » rétorque David Alphand (UMPPA) fier de son bon mot à l’attention de Bertrand Delanoë. Rires côté droit dans la salle.

« Vous êtes le Félix Baumgartner parisien » – David Alphand

Le ping-pong politique continue. Jacques Bravo (PS) félicite le maire pour sa gestion exemplaire. De même que Bernard Gaudillère (PS).

Fin du débat sur les orientations budgétaires 2013.

 

 

Maintenant la gauche, « nous avons les manettes ! »

by Olivier Prêtre on 11 octobre 2012

Mardi (9 octobre 2012), comme tout le monde l’attendait, l’Assemblée Nationale a voté à une écrasante majorité le TSCG par 477 voix contre 70. Mardi, c’était aussi le rassemblement francilien de la motion 3 “Maintenant la gauche !”, motion incarnant la gauche du PS, les hamonistes sans Benoît Hamon (qui s’est laissé convaincre de soutenir la motion 1 rassemblée derrière Harlem Désir), bref les tenants du non au TSCG.

Malgré la pluie battante et les bouchons Porte de Pantin aux alentours de 20h, les militants sont venus relativement nombreux au gymnase de la rue Hautpoul, Paris 19. Une centaine de personnes. Laurent Miremont, en maître de cérémonie, lance la réunion.

Après une brève intervention d’une représentante d’Utopia, think tank en faveur d’une sociale écologie, Gérard Filoche bouscule l’assistance. “On reprochait à Sarko de geler les dépenses des collectivités territoriales, mais aujourd’hui qu’est-ce qu’on fait ?” invective-t-il. Pas question de cacher sa déception de la politique gouvernementale. “Quelle est la grande mesure que la gauche va mettre en place ? Rien !” Ni d’y aller avec le dos de la cuillère.

Julien Dray enchaîne à la tribune, mobilisateur : “Vous avez raison, c’est parce que vous êtes là aujourd’hui qu’on va gagner demain”. Au passage, il ne manque pas d’égratigner gentiment le gouvernement : “les 3% [de déficit annuel par rapport au PIB], ils ne vont pas l’appliquer, et ils le savent pertinemment”. Et d’ajouter, sans macher ses mots, ”avec cette contrainte, à la moindre récession, il n’y a plus aucune marge de manoeuvre (…) c’est catastrophique”.

Jérôme Guedj, jeune député de l’Essonne qui a le vent en poupe, en remet une couche. “Je veux un PS qui ait un temps d’avance”, assène-t-il. Et d’ajouter, frondeur : “je ne veux pas un parti forteresse”. A bon entendeur.

Marie-Noelle Lienemann, la sénatrice qui sait se faire entendre, pousse la voix. “Si on est au parti socialiste, c’est bien sûr pour soutenir le gouvernement” débute-t-elle. “Mais est-ce que c’est pour être une agence de com’ du gouvernement ?” s’insurge-t-elle. Pour elle aussi, la contrainte des 3% est “inacceptable”. L’occasion pour elle de dérouler son argumentaire : une stratégie industrielle immédiate sans attendre le retour à l’équilibre, la Banque Publique d’Investissement tout de suite aussi, et avec 200 milliards d’Euros, et non pas 30 milliards comme évoqué par Arnaud Montebourg. De même pour les logements sociaux : “si on attend, ça sera trop tard”.  Enfin, elle ne peut se contenir d’une petite envolée lyrique : “Le parti ne peut pas manquer ce rendez-vous historique. Le parti du grand Jaurès, du grand Blum, du grand Mitterrand, des grandes avancées sociales, ne peut pas manquer ce rendez-vous”. La salle exulte.

Le grand final est pour Emmanuel Maurel, secrétaire national du parti et premier signataire de la motion  3.  “Nous voulons remettre le débat sur la table” assène-t-il, se targuant d’avoir réveiller ce congrès. “Les 60 engagements, ce n’est pas un texte sacré”. Il revendique vouloir mettre le débat sur la table, peser sur le rapport de force, rétablir le rééquilibrage entre capital et travail. Bref, il veut “la relance plutôt que la rigueur”. A l’objection “l’ennemi de la gauche, ce sont les déficits”, il répond “non, ce sont les inégalités sociales”. Transgressant tous les tabous, même ceux du parti socialiste, il lâche le mot : nationalisations. Et prône un pôle public de l’énergie, un service public de la petite enfance, un service public de la formation professionnelle.

Il termine avec ferveur : “Faisons-le maintenant, nous avons les manettes pour le faire”. Tout en se voulant rassurant : “nous sommes des socialistes raisonnables”. Le sort en est jeté.

Un conseil de quartier sous haute tension

by Olivier Prêtre on 30 septembre 2012

“On est venus là pour parler du problème” s’exclame un habitant, une demi-fesse sur un rebord de table, dans la salle comble de la MJC rue de Borrégo qui fait office de salle de réunion. La commission “vivre ensemble” du conseil de quartier de Télégraphe Pelleport Saint Fargeau, mercredi 25 septembre, est exceptionnellement remplie. Une cinquantaine de personnes.

La présidente du conseil s’interrompt ; et devant la forêt d’yeux qui la braquent, comprend qu’il va falloir modifier l’ordre du jour qu’elle était en train d’égrener. “J’ai convoqué tout le monde ici pour qu’on en parle” lance Ahmed d’une des extrémités de la longue table autour de laquelle les gens sont rassemblés. Le déballage peut commencer. Un jeune père de deux enfants, trente ans à peine, s’empare de la parole, la voie émue mais déterminée. “Depuis le début de l’année, c’est devenu insupportable, du bruit à partir de 16 heures, jusqu’à deux ou trois heures du matin. Et tous les jours ce sont des insultes, des menaces, des incivilités, des nuisances et j’en passe”. “Attention, nous ne sommes pas des mauvais coucheurs prêts à appeler les flics au moindre bruit” s’empresse-t-il de préciser.

Les langues se délient. “Ils sont dans la rue, dans les halls d’immeubles, et surtout, ils pourrissent la pizzéria La Petite Italie” enchérit un trentenaire sur un ton énervé. Cette pizzéria est le seul commerce de la rue Jules Dumien, puisque c’est de cette rue dont il s’agit. “La rue du shit” entend-on fuser à travers la salle. Les habitants avaient plaisir à se rencontrer dans cette pizzéria. Avant que cela ne dégénère. Avant qu’une bande d’”encagoulés” comme certains les appellent n’investissent la petite terrasse du restaurant. Les joints tournent ouvertement et le patron ne parvient plus à faire respecter la loi dans son établissement. Les rares clients qui osent encore s’aventurer à La Petite Italie se font agresser verbalement. La grande crainte des habitants est que la pizzéria finisse par fermer. “Ils veulent s’emparer du commerce et installer une épicerie explique le trentenaire, et on sait à quoi va servir cette épicerie”, insinuant qu’une officine de traffic de cannabis prendrait place. Sa conclusion : “il faut absolument sauver la pizzéria, sinon on est foutu”.

Sarouat, le patron de la pizzéria est là lui aussi, dépité mais combatif.  “Je suis allé voir les parents d’un des gamins, explique-t-il, et le lendemain ce gosse m’a dit qu’il avait les moyens de me faire la peau”.  L’assemblée est médusée. Une femme témoigne elle aussi s’être faite menacer de mort. Elle est allée voir la police pour porter plainte. Et lorsque l’agent de police lui a dit qu’une confrontation serait organisée si on retrouvait l’auteur des menaces, elle a préféré déposer une simple main courante. “J’ai deux enfants au collège en plus” explique-t-elle impuissante.

Le commissariat est donc bien au courant. Une patrouille passe de temps à autres pour enjoindre cette petite bande d’une dizaine de jeunes âgés de 15 à 25 ans à faire moins de bruit. Dérisoire et inefficace, jugent les habitants. “Il faudrait une présence massive d’adultes pour les encadrer” estime le père de famille vindicatif. “Et si on leur donnait un local ?” interroge une femme âgée. “Même pas en rêve un élu pourra dégager de tels moyens” s’entend-elle répondre par Ahmed, informaticien dans le secteur associatif de son état qui a l’air de bien connaître la question.

Un militant écologiste à la chevelure blanche estime que le recours policier est inutile pour l’instant. “Il faut privilégier un recours judiciaire et envisager une plainte collective” affirme-t-il. Et tout le monde est d’accord pour ne pas laisser faire. Rendez-vous est déjà pris avec Madame le Maire et le commissaire d’arrondissement. La résistance citoyenne s’organise.

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