Du Velours

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Procès Carlos : un événement médiatique et révolutionnaire

by Olivier Prêtre on 8 novembre 2011

Quatre attentats à la bombe en 1982 et 1983 qui ont fait en France 11 morts et environ 200 blessés : tels sont les chefs d’accusation auxquels devra répondre Ilich Ramirez Sanchez alias Carlos lors de ce procès qui s’ouvre ce lundi 7 novembre devant la cour d’assise spéciale de Paris.

Les journalistes sont nombreux à attendre, à épier les différentes parties du procès aux alentours de la salle d’audience. L’avocate de Carlos, Maître Isabelle Coutant-Peyre, qui est aussi sa femme devant Allah depuis 2001, est assaillie par une horde de caméras, appareils photo et micros avant de pénétrer par l’entrée des avocats. « C’est un procès politique » répète-t-elle à l’envi en rappelant qu’Ilich Ramirez Sanchez a déjà été condamné en 1997 à la prison à perpétuité dont 22 ans de sûreté pour le meurtre de deux agents de la DST et d’un indicateur de police en 1975. Et d’ajouter qu’il a déjà effectué 17 ans dans les geôles françaises.

Familles et avocats gravissent les marches, suivis de près par un troupeau de journalistes accrédités tandis qu’iTélé réalise un sujet dans cet imposant décor romain qui prépare à l’entrée du TGI de Paris. Une file d’attente spéciale est dédiée au public. Peu nombreux – une trentaine de personnes – sont les curieux et soutiens au controversé Carlos au regard de l’événement médiatique. Dieudonné, président du comité de soutien à Carlos, et dont la fille est prétendument filleule de Carlos, répond aux questions des journalistes de France 2. En queue de cortège, cinq représentants des « Black Panthers », arborant leur badge panthère.

« Je suis révolutionnaire de profession » scande Carlos, le poing levé de la révolution, face à la cour d’assise. Ainsi est donné le ton du procès. Le président prononce le réquisitoire et rappelle les faits. Les avocats de Carlos orientent la cour vers des problèmes de question prioritaire de constitutionnalité et de prescription des faits, égrenant au passage les multiples ouvertures de procès, non-lieu prononcés et dessaisissements des quatre affaires d’attentats. 11h40, le président de la cour d’assise Olivier Leurent déclare la séance suspendue. Reprise à 12h15.

Sûr de lui et presque souriant, à 62 ans, l’homme aux cheveux blancs et à la fine moustache caractéristique, affublé désormais d’une courte barbe blanche, revient dans le box sécurisé par une épaisse vitre. La séance reprend. Un avocat de la défense représentant les victimes et leurs familles rappelle qu’il n’est pas dans cette enceinte pour refaire le monde. Il se met à ironiser sur la nostalgie des temps révolutionnaires anticapitalistes des années 70 et interpelle Carlos : « Vous n’êtes pas un Alcazar moderne ! » La bataille est lancée et les deux thèses contradictoires posées : Carlos le défenseur révolutionnaire de la cause palestinienne versus Carlos le terroriste aveugle qui n’assume pas ses actes.

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