Du Velours

"Ni pour ni contre, bien au contraire" – Bertrand Delanoë

Remise du prix RSF pour la liberté de la presse

by Olivier Prêtre on 16 décembre 2011

And the winner is : Ali Ferzat. Caricaturiste syrien, il est couronné du Prix journaliste de l’année Reporters Sans Frontières pour la liberté de la presse. L’homme n’est pas présent à la cérémonie qui se déroule dans l’auditorium du Monde ce mercredi 7 décembre 2011. “Ali est repris dans toute la presse arabe” déclare Plantu, à domicile, qui réceptionne le prix à sa place. Ses dessins satiriques défilent sur l’écran géant alors que Plantu lui témoigne soutien et admiration. Pour la petite histoire, passée sous silence pour ne pas ajouter à l’atmosphère pesante de cette cérémonie, Ali Ferzat s’est fait violemment agressé en août dernier. Les mains brisées pour avertissement de ne plus dessiner. Il avait caricaturé Bachar El Assad faisant du stop aux côtés de Kadhafi en fuite.

La soirée avait commencé par un Erik Israelewicz en maître des lieux, défiant les menaces d’atteintes aux libertés de la presse dont le Monde a fait les frais durant l’affaire Bettencourt. Le procureur Courroye, qui a ordonné la réquisition de fadettes de journalistes du Monde, en ligne de mire. Le ton est donné. Jean-François Julliard, Président de RSF, succède à la tribune. “Il est de plus en plus difficile d’exercer le métier de grand reporter de manière sereine, surtout sur terrain de guerre et dans les foules” déclare-t-il. Et d’ajouter : “Encore aujourd’hui, un journaliste s’est fait lynché sur la place Tahrir”. Il poursuit en égrenant un triste bilan sur les deux jours qui précèdent :  “hier, un journaliste a été assassiné en Ouganda; un journaliste RFI a été arrêté au Burundi il y a deux jours; un journaliste anglais a été arrêté au Zimbabwe; en Russie, des journalistes et blogueurs ont été arrêtés …” etcetera etcetera. La salle retient son souffle. Delphine Saragosse, pétillante Directrice Générale de TV5 Monde, rejoint la scène. Comme aux Césars, hommage est rendu aux morts. En l’occurence, Jules Koum Koum, correspondant RSF au Cameroun, et Ali Boudoukha, en Algérie. Ambiance.

Petit intermède avec l’arrivée de Stanley Greene, fondateur de l’agence photo Noor. En Anglais, il commente un diaporama qui défile en hommage à des journalistes reporters à travers le monde.

Le public est chaud pour la remise des prix. Richard Borhinger, invité à la tribune, balbutie quelques mots, et Jean-François Julliard annonce les nominés pour le prix du journaliste de l’année. Après le couronnement d’Ali Ferzat, dont la férocité des dessins a détendu l’atmosphère, c’est le tour du prix décerné au média de l’année, prix qui récompense un média qui incarne le combat pour le droit d’informer et d’être informé. Jean Rollin, journaliste écrivain, rejoint par Erik Israelewicz, remettent le trophée à Weekly Eleven News, hebdomadaire birman, qui se distingue pour son indépendance et son courage envers la junte militaire. Les journalistes birmans ont fait le déplacement. Deux d’entre eux, accompagnés de leur interprète traductrice, une émotion palpable dans leur voix, communiquent remerciements et satisfaction. Salves d’applaudissements et de flashs pour la traditionnelle photo finale.

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