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Journée de la Presse En Ligne : la PQRL s’interroge

by Olivier Prêtre on 23 octobre 2012

La presse locale en ligne manque-t-elle d’ambition ? C’est la question posée à l’une des conférences de ce vendredi 19 octobre lors de la Journée de la Presse En Ligne (JPEL) organisée par le SPIIL, Syndicat de la Presse Indépendante d’Information Locale dans la salle noire de la Maison des Métallos. Ou l’occasion de rappeler, sinon de faire le constat, des réalités de la PQRL (Presse Quotidienne Régionale en Ligne) sur le terrain. Autour de la table: Sabine Torres, membre du bureau de SPIIL et fondatrice de Dijonscope, Jean-Baptiste Fontana, directeur de Fréquence Sud, Erwann Gaucher, journaliste et consultant médias en ligne, Yves Koekkoek, spécialiste expérience utilisateur. Extraits.

« En 2009, on prédisait l’essor de la PQRL ». Ainsi débute Sabine Torres à la table ronde autour la presse en ligne locale lors de la Journée de la Presse En Ligne. Avant de déclarer qu’ « en 2012, le constat est amer, la PQRL peine à trouver son identité, ses lecteurs. » En tant que fondatrice de Dijonscope, Sabine Torres porte la voix des nombreux sites d’information locale en France. Ces médias locaux qui tentent d’émerger parmi les acteurs déjà en place – la PQR – et de trouver un équilibre tant financier qu’éditorial, à l’instar des rue89 Strasbourg, rue89 Lyon, ou le Téléscope d’Amiens, pour ne citer que les plus connus. A noter que les rue89 locaux sont issus d’initiatives indépendantes du rue89 national.

Erwann Gaucher partage ce constat et en attribue une large responsabilité à la « PQR traditionnelle qui s’est mise en ordre de bataille dans la stratégie d’aller chercher de l’audience ». L’illusion a été de penser, selon lui, que « les Pure Players (les médias en ligne émergents non-issus du paysage média existant – ndlr) pouvaient bouleverser le paysage en 18 mois, ce qui s’est révélée une erreur d’appréciation. Le principal défi que devront relever les rédactions est la monétisation de l’audience » explique-t-il.

"En 2012, le constat est amer, la PQRL peine à trouver son identité, ses lecteurs." - Sabine Torres

« En 2012, le constat est amer, la PQRL peine à trouver son identité, ses lecteurs. » – Sabine Torres

Au chapitre des obstacles pour la PQRL, Erwann cite d’abord le verrouillage du marché de la publicité par la PQR traditionnelle. Il pointe aussi du doigt la concurrence récente de l’audiovisuel public qui met les bouchées doubles sur le numérique. Radiofrance et France Télévision mettent le paquet !

Il prévoit, en guise de conclusion personnelle, que 2014, l’année des élections municipales, constituera un rendez-vous clé pour la PQRL. Ce n’est pas l’avis de Jean-Baptiste Fontana à la tête du magazine culturel en ligne Fréquence Sud. Celui-ci explique que sa grosse échéance, c’est 2013, année où Marseille sera capitale culturelle de l’Europe.

Le constat de Jean-Baptiste est aussi plus précis. Certains annonceurs, relève-t-il, ont quitté la PQR au profit des médias sociaux tels Facebook ou Twitter. Le plus grand danger à ses yeux provient de la concurrence déloyale exercée par des acteurs institutionnels qu’il n’hésite pas à pointer du doigt: la mairie de Marseille qui emploie onze personnes pour s’occuper du site internet municipal, le Conseil Général. « Ils ont des moyens sans commune mesure comparé aux Pure Players, explique-t-il. Or, les institutionnels ne sont pas des journalistes mais des communiquants. »

Le diable se loge dans les détails. Erwann Gaucher rebondit sur l’exemple de maville.com, filiale du groupe Ouest-France. Il dénonce le fait que l’information diffusée par ledit site est un mélange de flux de l’AFP et de flux émanant des municipalités. Et de surcroît, ce site vend de la publicité.

C’est aussi l’occasion pour Erwann de rappeler les trois grands modèles économiques des sites d’information:

  • le financement par la pub
  • le financement par système d’abonnement
  • le financement par un mix de publicité et d’abonnement

Dans le public,  Gilles Paillet, directeur de la publication de Zoom d’ici dans la Loire et Haute Loire, confirme. Sur le modèle de la publicité, il parvient à faire tourner un site pourtant avec un bassin relativement restreint de population, environ 40 000 habitants.

Une employée du Conseil Général du Val de Marne confirme également. Le 94 citoyen, journal en ligne entièrement gérée par le Conseil Général, dispose de moyens considérables (une équipe de rédacteurs et de photographes). Et les annonceurs cognent à la porte.

« Est-ce que les journalistes doivent couvrir les évènements couverts par les institutionnels ? s’interroge Sylvie Torres.  Certainement pas ! » conclue-t-elle.

 

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