Du Velours

"Ni pour ni contre, bien au contraire" – Bertrand Delanoë

« Je veux faire de Paris cette ville accueillante, généreuse, rebelle »

by Olivier Prêtre on 1 décembre 2012

Affichette de campagne

Après s’être lancée officiellement dans la course à la mairie de Paris début septembre, Anne Hidalgo a présenté devant ses soutiens son think tank de campagne « Oser Paris ».

Ca grouille à la Bellevilloise en ce mercredi 21 novembre à partir de 19 heures. Pas de concert en vue pourtant. La star du jour c’est Anne Hidalgo. Les journalistes sont au rendez-vous ainsi que les militants socialistes. Un peu avant 20 heures, la salle est comble (500 personnes d’après les organisateurs). Le premier meeting  de la favorite socialiste dans la course à l’hôtel de ville peut commencer. Ou plus précisément il s’agit officiellement du premier forum « Oser Paris », le think tank matérialisé par la plateforme collaborative de la candidate Hidalgo.

Frédérique Calandra, à domicile à deux pas de sa mairie du vingtième, accueille l’assemblée sur un ton combatif: « Nous ne sommes pas là pour nous gargariser, mais nous sommes les premiers à nous remettre en question ». Pas de triomphalisme affiché même si un boulevard est ouvert pour cette élection face à une droite parisienne encore désorganisée et réputée mal en point. Au-delà du fait que l’UMP a entamé sa désintégration trois jours auparavant. Quant à la candidature socialiste concurrente de Jean-Marie Le Guen, elle semble ignorée.

Le maître de cérémonie Jean-Louis Missika, adjoint au maire et premier fidèle d’Anne Hidalgo après Bertrand Delanoë, fait le job d’explication de la stratégie « Oser Paris ».  Cette plateforme coopérative est la colonne vertébrale de la campagne de la candidate où seront recueillies toutes les idées qui définiront le programme pour le grand rendez-vous de Paris 2014.  « Oser Paris » c’est aussi une association qui fédère tous les soutiens de la maire putative. « Nous en sommes déjà à plus de 1000 adhérents et 230 contributions en moins de deux mois déclame Jean-Louis Missika. C’est un processus de travail qui va s’étaler sur plus d’un an » poursuit-il. Petit aparté grand sourire aux lèvres: « Je ne sais pas si vous suivez le feuilleton tragique de l’UMP ». Puis il reprend de la hauteur: « C’est grave, cela renvoie une image terrible de la politique ». Pour finir par une pique: « Je préfère la coopération à la copéisation ». Effet garanti dans la salle.

Enchaînement parfait pour lancer un appel à contribution de chacun. Rémi Féraud, le patron du PS parisien, apporte son soutien: « Il faut un projet, des idées, mais aussi un grand parti politique ». Il concède à son tour: « ce sera difficile ». L’humilité est de mise ce soir.

François Dagnaud, adjoint au maire, y va aussi de son couplet: « Nous devons inventer le Paris de demain à l’échelle du Grand Paris.  Néanmoins ajoute-t-il, « nous avons tout à redouter de la Droite qui n’a qu’un seul objectif: la reconquête du Grand Paris ». Prudence prudence.

Se succèderont à la tribune Pauline Véron, Colombe Brossel (toutes deux adjointes à la mairie de Paris), Jean-Pierre Guérin, ex-collaborateur de Bertrand Delanoë, pendant que des diapos défilent derrière la tribune. On peut y lire des idées de contributeurs parmi lesquelles certaines peuvent paraître surprenantes: « contrôles radar pour les cyclistes » ou « interdiction de fumer près des monuments parisiens ».

Enfin, le moment que tout le monde attend: le moment Anne Hidalgo. Le discours est sobre, assuré – « je suis déterminé à nous faire gagner » – et emprunt de générosité comme sait en faire preuve l’adjointe au maire en bonne professionnelle. Grand Paris, logement social et logement à destination des classes moyennes et des jeunes, lutte contre la pollution, lutte contre le changement climatique (« nous allons planter des salades pour faire baisser la température en période de canicule », sic), espaces verts, propreté, lutte contre le bruit… la candidate de 53 ans décline ses grands thèmes de campagne. Dans l’exact prolongement de la politique Delanoë.

Les marqueurs politiques de gauche ne sont pas non plus en reste devant l’assemblée conquise d’avance. « Paris se situe à la pointe des questions de société: mariage homosexuel, non-cumul des mandats, droit de vote des étrangers » clame la prétendante à la Mairie de Paris qui revendique une vision progressiste, écolo et humaniste de la politique, en digne dauphine du maire Delanoë. La première adjointe au maire conclut dans une sorte d’apothéose d’une phrase qui pourrait être un bon slogan de campagne: « Je veux faire de Paris cette ville accueillante, généreuse, rebelle ». Chiche !

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